ELEMENT, une levée de fonds et des questions
De l’importance de bien lire les levées de fonds. ELEMENT vient de réaliser la deuxième plus importante opération dans l’écosystème européen en 2024. Pour autant, tout n’est pas aussi rose qu’il n’y paraît pour la pionnière allemande du B2B2C.
Commençons par le positif. ELEMENT a donc aimanté 50 millions d’euros à l’occasion d’un tour de table auquel ont pris part ses investisseurs historiques, Versorgungswerk der Zahnärztekammer Berlin K.d.ö.R. et Alma Mundi. Une somme non négligeable qui offre ainsi un bol d’air à la Wakam d’outre-Rhin.
Toutefois, si le montant semble élevé, il n’était pas celui attendu. L’insurtech berlinoise cherchait en effet à lever 100 millions d’euros. Un montant jugé irréaliste lors des négociations, qu’elle a dû donc revoir significativement à la baisse.
Ce contrecoup va dès lors obliger ELEMENT à revoir son plan de bataille. Comme pour de nombreuses autres pépites de la tech, la startup fondée en 2017 se trouve confrontée depuis plusieurs mois à un contexte économique bien plus rigide. Une situation qui lui impose de se focaliser dorénavant, et avant tout, sur la rentabilité.
L’année dernière, ELEMENT avait déjà opéré un premier move stratégique révélateur en changeant de CEO. Astrid Stange, ancienne d’AXA et issue du sérail assurantiel, avait alors pris la place de Christian Macht. Une nomination au service d’un objectif, le retour à la maîtrise des fondamentaux.
La rentabilité technique à tout prix
Cette stratégie devrait devenir encore plus claire dans les mois à venir. En effet, la traction d’ELEMENT sur ses partenariats n’est pas encore suffisante. Par ailleurs, l’entreprise est plombée par les coûts élevés liés aux exigences réglementaires de la BAFIN, le régulateur allemand.
L’insurtech va donc opérer une rationalisation de ses activités. Concrètement, elle va se concentrer sur le cœur de métier de l’assurance, en cherchant à optimiser ses marges et atteindre une rentabilité technique grâce à un travail approfondi sur la souscription. En parallèle, elle va donc externaliser des briques comme l’administratif ou la gestion de sinistres.
Les conséquences ne sont évidemment pas neutres côté ressources humaines. Handelsblatt révèle ainsi que l’insurtech a licencié 20 à 30 employés depuis le début de l’année. La nouvelle orientation stratégique engendrera aussi une nécessaire adaptation des effectifs. Départs et arrivées seront ainsi vraisemblablement à l’ordre du jour dans les prochaines semaines.
Comme pour plusieurs membres de la première vague d’insurtechs, ELEMENT se situe aujourd’hui à un carrefour de son histoire. Avoir capté un nouveau financement vital est une bonne chose et permet de prolonger l’aventure. A l’Allemande désormais de prouver qu’elle est capable de sortir son épingle d’un jeu où les règles ont sensiblement changé.
Clearcover, l’IA générative au service des claims
L’IA générative, un monde de nouvelles possibilités ! Tous les maillons de la chaîne de valeur de l’assurance semblent pouvoir bénéficier de cette technologie. Un nouveau bon exemple avec Clearcover sur la brique claims.
L’insurtech américaine se dote en effet d’une solution d’intelligence artificielle générative pour optimiser le traitement des sinistres. Concrètement, comment ça marche ?
L’outil automatise la collecte des informations dès la déclaration de sinistre (First Notice of Loss), grâce à des LLM capables de mener une conversation et de recueillir les détails clés auprès de l’assuré. C’est habituellement un expert qui s’occupe de récolter ces